lundi 9 mai 2011

Visite d’un centre pour enfants atteints d’autisme

Hier, j’ai réalisé mes premiers entretiens pour mon mémoire. Pour cela, je suis allée dans une école qui accueille des enfants atteints d’autisme. Je me réjouissais beaucoup de cette visite parce que cela m’intéressait de voir comment ces enfants étaient pris en charge à Madagascar. Pendant quelques instants je me suis retrouvée dans mon univers, c’était fascinent de voir qu’à des milliers de kilomètre de la Suisse, on puisse retrouver la même méthodologie de travail et encore plus frappant, le même état d’esprit parmi les éducateurs et enseignants ! Bien sûr, les moyens ne sont pas les mêmes, mais j’ai retrouvé la méthode TEACCH et la responsable m’a même parlé d’ ABA et de PECS ! Ceux qui connaissent l’autisme savent que ce sont les dernières méthodes utilisées pour offrir une prise en charge adaptée aux enfants autistes. A titre d’exemple, voici le panneau utilisé chaque matin pour l’accueil… on pourrait le trouver dans n’importe quelle classe spécialisée en Suisse !



Là-bas, j’ai rencontré 12 enfants pris en charge par une enseignante, une éducatrice et une stagiaire. Les entretiens avec ces personnes m’ont donné un aperçu de l’ambiance de travail là-bas : l’attitude positive face aux capacités de ces enfants, la recherche de progrès, aussi minimes soient-ils et l’idée d’une prise en charge globale autant scolaire qu’éducative.
Bref, cette visite était très enrichissante, non seulement pour les entretiens que j’ai pu réaliser mais aussi pour la rencontre avec les professionnels, les discussions, les enfants etc. C’est vraiment du bon travail ce qu’ils font là-bas !

lundi 2 mai 2011

… et Ranomafana

Mardi matin, nous avons repris la route, direction du petit village de Ranomafana à l’Est de Fianaranstoa (à 60 km), réputé pour sa source thermale et les bains chauds qu’elle approvisionne. Nous avions l’intention d’en profiter dès l’après-midi mais c’était sans compter quelques imprévus à la malgache : arrivés là-bas, on nous annonce que la piscine est fermée pour nettoyage parce qu’il y a eu énormément de monde pendant les fêtes de Pâques. Demain elle sera ouverte. Bon, voyons le bon côté des choses, comme ça on aura une piscine toute propre, ce qui est vraiment appréciable ici ! Donc changement de programme : un guide nous propose de nous emmener au parc national (la deuxième raison de notre venue ici) à quelques kilomètre de là, en nous assurant qu’on pouvait voir beaucoup plus de choses l’après-midi que le matin (d’habitude, il est recommandé de visiter les parcs le matin pour avoir plus de chance de voir les lémuriens…). Etant donné notre situation (les bains sont fermés, rien d’autre à faire au village…), nous acceptons. Nous partons donc sous le soleil pour la visite du parc. En effet, nous avons pu voir le hapa lémur doré, l’attraction principale du parc puisque cette espèce de lémurien ne vit qu’ici. Un peu plus loin, un lémurien nocturne perché dans son arbre et des étranges oiseaux nocturnes eux aussi mais qui dorment à même le sol, immobiles dans leur camouflage presque parfait ! La visite commence bien jusqu’à ce que… le ciel nous tombe sur la tête ! En quelques minutes, le ciel devient sombre, le tonnerre gronde et il commence à pleuvoir. Nous courrons dans la forêt (ce qui se révèle très acrobatique !) jusqu’à un abri. Nous sommes déjà trempé en y arrivant mais ce n’est rien par rapport à ce qui suit : une pluie torrentielle et même de la grêle ! Mieux vaut donc prendre son mal en patience et attendre que ça passe ! Heureusement, au bout de 15 minutes environ, la pluie faiblit. Le guide nous propose de continuer la visite, mais trempés, nous préférons rentrer pour éviter de finir au fond du lit !


Le hapa lémur doré


Sorte de hiboux, dormant par terre

Le lendemain, les surprises continuent ! En nous rendant aux bains, nous découvrons une piscine vide en train d’être nettoyée ! En fait, nous dit-on, le personnel avait pris congé la veille parce qu’ils avaient eu beaucoup de travail avec les fêtes et le nettoyage commence aujourd’hui ! Nous qui avions prévu de repartir pour Fianarantsoa l’après-midi même, nous voici un peu embêtés ! Nous hésitons, mais quand même, nous sommes venus ici pour les bains, ce serait bête de repartir sans les avoir essayés ! Nous décidons donc de prolonger notre séjour et de rentrer le lendemain. Mais que faire toute la journée ici ? nous ne restons pas longtemps sans idée grâce à la rencontre d’un Français qui passait par là (le hasard … !) avec son guide malgache. Ils sont en route pour un petit hameau à un kilomètre d’ici, où quelqu’un leur a proposé d’assister à la fabrication artisanale du rhum ! Nous nous joignons donc à eux pour ce qui se révèlera être toute une expédition ! Première étape : au village même, la canne à sucre est coupée en rondelles avant d’être mise au fond d’un trou et pillée avec quelques herbes pour aromatiser le rhum. Elle y reste pendant une semaine pour fermenter. Deuxième étape, loin des regards, au fond de la forêt, nous découvrons une distillerie, version traditionnelle : un fût servant de marmite d’où sort un tuyau qui passe dans la rivière pour refroidir et au bout un entonnoir et une bouteille pour récupérer le rhum encore chaud ! Difficile à décrire, mais le tout est bien réfléchi et tout en matériaux de récupération ! Nous goûtons donc au rhum fraîchement sorti de l’ « usine » et passons un bon moment avec les propriétaires de l’installation qui nous décrivent avec passion toutes les étapes de la fabrication ! De retour au village, nous sommes invités par le reste de la famille à déguster… du ruhm bien sûr mais aussi une spécialité tanala (= ceux des forêts) : manioc et bananes encore vertes sautées au fines herbes (salées donc). Pour couronner le tout, le retour à notre hôtel se fait en pirogue qui prend l’eau ! Bref, une journée où nous ne nous sommes pas ennuyés !

Le jour suivant : les bains, enfin ! Mais pas n’importe comment, réveil à 4h du matin, on frappe à la porte du gardien et hop, quelques minutes plus tard, nous voici dans l’eau chaude (toute propre !) à la belle étoile ! Mieux vaut venir de bonne heure (nous n’étions même pas les premiers !) parce que l’eau est bonne chaude alors quand le soleil tape (dès 8h !), ça se transforme en sauna ! Résultat, à 7h30, nous avions fini de nous baigner et prêts à repartir vers Fianarantsoa ! Mais ça en valait la peine, une belle expérience et nous ne regrettons pas d’avoir prolongé notre séjour là-bas.
Le chemin du retour vers Tana est à l’image du reste du séjour… pleins de petits imprévus ! D’abord pour aller à Fianarantsoa, il faut attendre qu’un taxi-brousse passe en espérant qu’il y a de la place (du premier coup, nous avons de la chance !). Là-bas, nous refusons le taxi-brousse prêt à partir parce qu’un ami nous avait dit qu’il était sur le point de partir pour Tana en voiture (plus confortable !). Nous attendons donc… une demie-heure devient une heure, puis deux, puis trois ! On apprend qu’en fait il cherche une pièce pour réparer sa voiture ! Nous renonçons donc et réservons des « bonnes places » dans un taxi-brousse du soir. Départ prévu à 18h. Problème, il manque trois personnes qui ont réservés mais ne sont pas là… Elles arrivent finalement… à 20h ! Et nous voilà partis pour un peu plus de 9h de route pour remonter à Tana. Sans incident cette fois, nous arrivons au petit matin à Tana ! Fatigués mais contents de nos vacances !

Petites vacances à Fianarantsoa…

Nous avons profité des vacances de Pâques pour partir quelques jours dans une autre région des Hautes-Terres, au sud de Tana. Le samedi avant Pâques nous nous sommes donc embarqué dans un taxi-brousse pour nous retrouver quelques 400km plus loin et 9h plus tard, dans une charmante petite ville : Fianarantsoa. Nous y avons passé le dimanche et le lundi à flâner dans la ville en compagnie d’un ami de Iando qui habite là-bas et de sa bande. Ambiance détendue et festive, ballades en ville la journée, grillades le soir, le tout arrosé d’un peu de rhum malgache (comme pour toutes les fêtes ici !)… Malheureusement, comme nous y étions pendant des jours fériés, nous n’avons pas pu visiter certaines choses, comme par exemple, un monastère célèbre pour sa fabrication de vin (les seules vignes de Madagascar se trouvent dans cette région !). Mais ces deux jours étaient bien agréables pour changer un peu d’air et de trouer un peu de calme, loin de l’agitation constante de Tana !

Vue de Fianaranstoa


L’entrée du monastère que nous n’avons pas pu visiter :-(


Dimanche de Pâques : les enfants qui jouent devant la gare

vendredi 22 avril 2011

Les choses avancent… lentement mais sûrement

Ces derniers jours, j’ai été plusieurs fois confrontée à la différence culturelle dans la façon de gérer les choses… La technologie remplacée par le réseau social… c’est ce qu’une personne qui a été habiter pendant une année à Cuba (envoyé du DM) disait… Je l’expérimente aussi ici ! Si en Suisse, on peut grâce à internet, connaître les horaires d’ouverture de chaque bureau, savoir directement si le livre recherché se trouve bien en ce moment à la bibliothèque ou encore localiser rapidement l’endroit où l’on doit se rendre pour obtenir telle information ou se procurer tel objet, ici, tout passe par le réseau social… Avec les bonnes et les mauvaises surprises ! Les mauvaises… comme les horaires ne sont pas affichés, certains les modulent à leur guise : Iando devait rencontré le directeur d’une école pour un futur travail, après avoir téléphoné, on lui a dit qu’il serait là tel jour, mais quand nous y sommes allés (à 10h du matin), il était déjà parti. Le lendemain (nous y étions cette fois à 7h45), il n’est pas venu… Apparemment, c’est normal, tout le monde vit avec et le fait de devoir faire 45min de trajet deux jours de suite, sans succès ne pose pas de problème… Mais il y a aussi beaucoup de bonnes choses : les gens répondent volontiers à mes questions, m’aident à trouver ce que je cherche puisqu’il n’y a pas d’autres moyens ! Par exemple : je me suis rendue hier à Handicap International pour demander où je pouvais obtenir de la documentation pour mon mémoire. Là une dame m’a tout de suite accueillie et après avoir demandé ce qui m’intéressait elle a été elle-même chercher les documents qui se rapportaient à mon sujet ! De même, en visitant une institution, la directrice m’a tout de suite dit que s’il me manquait des adresses pour mes entretiens, je n’avais qu’à lui demander, qu’elle donnerais une liste etc.
Donc : pour obtenir une info, la solution : téléphoner à un ami, interroger quelqu’un dans la rue, son voisin, une connaissance plus ou moins éloignée qui te recommande de contacter son ami qui… Mieux vaut avoir un bon réseau social ! Pour acheter un frigo ? Avoir un ami frigoriste bien sûr ! Pour l’histoire du frigo, on voulait en acheter un petit, avec la chaleur, c’est pratique de pouvoir garder des choses au frais (ici, le frigo ne fait de loin pas partie de l’équipement de base des maisons, les gens achètent leur nourriture au jour le jour et il n’y a pas souvent de restes…). Donc on commence par faire la tournée des magasins pour comparer les prix et les marques, jusque là, la démarche semble normale… Mais Iando a autre une idée : son ami frigoriste ! Un coup de téléphone et voilà cet ami en quête d’un frigo pour nous ! Pas encore de succès, mais avec un peu de patience on obtiendra quelque chose avec un bon rapport qualité-prix !
Donc voilà, les choses avancent, lentement, parfois il faut s’y reprendre à plusieurs fois, mais on avance ! Dans la recherche pour mon mémoire, dans les compléments d’aménagement de notre studio, dans la vie de tous les jours… Et pour l’histoire de la valise, j’ai fini par l’obtenir ! A force de téléphoner tous les jours pour savoir où elle se trouvait, elle a fini par arriver à Tana ! Il a fallu aller à l’aéroport, passer par différents bureaux, signer des registres, mais elle est là, intact et avec tout son contenu : tout est bien qui fini bien.

vendredi 15 avril 2011

Réacclimatation

Il ne faut pas seulement se réhabituer au climat, mais à toute la façon de vivre d’ici ! La nourriture, le rythme des journées, les embouteillages… Mais je retrouve aussi beaucoup de belles choses : l’accueil chaleureux de malgaches, la philosophie de vie plus zen, la convivialité…
Je suis allée rendre visite aux sourds du centre Tànana Mirana, tout à l’air de bien se passer de ce côté. Ils préparent une démonstration de karaté et de danse qu’ils vont présenter dimanche à Antsirabe (une ville au sud de Tana), puis ce sera les vacances de Pâques pendant deux semaines.
J’ai assisté aux cours de danse de Iando dans ces deux écoles : pas facile avec 30 gamins de maternelle dans une petite salle ! Mais au final, tout se passe bien et tout le monde est content ! Impressionnant de visiter les classes là-bas : environ 30 élèves par classe pour ce qui correspond à l’école enfantine, voire la garderie ! Et ce ne sont pas nos classes avec leurs coins jeux et leur super matériel pédagogique. Ici il y a tout juste la place pour des bancs et des tables pour les élèves, des stylos et des cahiers et les ardoises pour s’exercer !
Du côté de mon mémoire de master, les choses se mettent gentiment en place : j’ai une liste de personnes à contacter, la traduction du questionnaire est programmée et les entretiens pourront normalement débuter juste après les vacances de Pâques. D’ici là, un peu de recherche de documentation prévue la semaine prochaine (je profite que Iando soit en vacances pour qu’il puisse me montrent les différentes bibliothèques).
Voilà pour mes activités par ici ! Je vous tiendrai au courant de la suite des événements !

Bien arrivée à Tana

Enfin quelques nouvelles de Tana ! Tout d’abord, j’ai fait bon voyage, tout se passe comme prévu, seul souci : à l’arrivée une de mes valises ne m’a pas suivie ! Elle est restée à Paris (c’est déjà mieux que si elle avait été envoyée je ne sais où !). On m’annonce que je peux la récupérer le lendemain matin. Bon. Lundi matin, pas de nouvelles… j’appelle : ah non, elle n’est pas encore arrivée, elle viendra avec le vol de mercredi, puis de jeudi, finalement, nous sommes vendredi et elle devrait arriver ce soir ! On verra bien ! J’espère quand même… Il m’ont assuré qu’elle n’était pas perdue mais juste en attente à Paris : « c’est juste une question de transfert » Hum… transfert de quelques milliers de kilomètres mais à part ça… Heureusement, j’ai ma première valise et tout ce qu’il me faut pour le moment, donc ne pas trop se plaindre ! La seule chose qui me manque pour l’instant c’est mon maillot de bain ! Eh oui, ici aussi le réchauffement climatique fait des drôles de choses : alors qu’on devrait commencer l’hiver (sec et frais), il fait encore très chaud (dans les 25°) et surtout humide ! Je m’habitue gentiment mais un petit tour à la piscine me ferait le plus grand bien !

jeudi 7 avril 2011

Proche du départ...

Me voilà à nouveau sur le point de partir! Un peu sur les chapeaux de roue: un examen le mardi, un stage jusqu'au vendredi et dimanche: le grand départ! Un peu le stress donc, pas le temps pour revoir tous les gens que j'aurais voulu, mais bon ce n'est que partie remise, dans 3 mois je serai à nouveau parmi vous!
En effet, pour ceux qui ne sont pas au courant de mon petit programme, je pars dimanche pour deux mois et demi (jusqu'au 30 juin). J'y vais pour faire des entretiens avec des enseignants spécialisés malgaches dans le cadre de mon mémoire de master sur les représentations du handicap à Madagascar. Ensuite je reviens passer l'été en Suisse pour rédiger la fin de mon mémoire. Et après?? je n'ai pas encore la réponse définitive, mais mon projet serait de repartir fin octobre pour aller travailler une année à Madagascar! A voir si ça se concrétise!
En attendant, j'essaierai de vous donner le plus régulièrement possible des nouvelles de mon séjour sur l'île rouge! N'hésitez pas à mettre des commentaires, c'est encourageant de voir qu'il y a des gens qui passent par ici!
Bonne lecture et bonne continuation à vous tous!