samedi 10 décembre 2011

Saison des pluies

Au moment où je vous écris, il pleut… Bon, vous me direz, en Suisse aussi il pleut ! Mais ici la pluie c’est quelque chose !
Il pleut et il n’y a plus d’électricité, donc plus de connexion internet (j’écris en espérant que la batterie de l’ordinateur tiendra le coup), plus de cuisinière électrique, plus de lumière, plus de machine anti-moustique, etc, etc.
Il pleut, il n’y a plus d’électricité et Iando est bloqué à deux pâtés de maisons de chez nous parce que la pluie a fait débordé les canaux qui passent près de chez nous. Résultat, il y a environ 30 centimètres d’eau boueuse tout autour de chez nous (pas dans notre cour heureusement, mais dans les rues). Pour couronner le tout, Iando était sorti pour aller chercher un tableau qu’on a acheté et qui devait nous être livré aujourd’hui (évidemment !). Il est donc là à 3 minutes à pied de chez nous, avec un tableau dans des sacs plastiques à attendre que la pluie diminue et que le courant du canal se calme (quand il pleut autant, le ponton qui nous permet de traverser le canal est recouvert d’eau alors si le courant est fort, ça devient dangereux !).
Et moi, je suis là, à vous écrire à la lueur des chandelles, impuissante. La seule chose à faire, c'est attendre!

Il pleut, il n’y a plus d’électricité, Iando est bloqué dehors et toute la vie semble être sur « pause », on attend que ça passe !

30 minutes plus tard…
Soyez rassurez, tout s’est bien terminé. Iando est arrivé, bien trempé, mais sans encombre et le tableau n’a pas souffert ! Comme quoi, la patience vient à bout de beaucoup de chose ! Et les malgaches en sont les maîtres !

dimanche 6 novembre 2011

Des nouvelles de Tanana Mirana

Depuis mon retour à Mada (il y a déjà plus d'un mois et demi, que le temps passe vite!), je suis retournée à plusieurs reprises au centre des enfants sourds. Cet endroit, qui a été ma première expérience à Madagascar, reste cher à mon coeur et y retourner ressemble un peu à rentrer à la maison... Je sais que là-bas, les gens m'accueilleront toujours avec joie et me feront sentir que je suis chez moi même si cela fait plusieurs mois que nous ne nous sommes pas vus! Là-bas, je ne suis pas juste une vahaza (étrangère) qui impressionne (voir fait peur!) ou à qui il faut demander de l'argent, je suis aussi quelqu'un avec qui ont peu discuter et passer un peu de temps ensemble (c'est rare de trouver des endroits comme ça ici!).
Là-bas, la vie continue. La rentrée scolaire a eu lieu il y a un mois et demi et les activités artistiques ont également repris avec le karaté mercredi après-midi et la danse le samedi! Grands et petits en profitent à fond!

Depuis quelques semaines, Mirana (responsable du centre) a proposé à Iando de venir donner des cours de danse de salon aux sourds. Nous nous rendons donc tous les samedis matin au centre pour un moment de danse et de partage avec les jeunes et les éducateurs, ambiance chaleureuse et rires au rendez-vous!

Délestage...

Ceux qui sont déjà venus à Madagascar connaissent bien ce mot... Un petit mot qui justifie qu'on passe une soirée à la lueur de la bougie, qu'on achète une bouteille de gaz en réserve pour cuisiner, qu'on lise à la lumière de la lampe frontale et qu'on renonce à internet pendant quelques heures (quelques heures, ce n'est pas un drame vous me direz, mais quand c'est au milieu d'un conversation sur skype, c'est un peu moins rigolo!)...
Vous l'aurez compris, délestage signifie coupure de courant momentanée (momentanée = de quelques minutes à plusieurs heures!). C'est très fréquent, surtout maintenant que la saison des pluies commence (je vous laisse imaginer l'état des installations...).
La solution: prévoir des bougies, une lampe de poche, un réchaud à gaz (si tu veux pas devoir te contenter de quelques biscottes pour le souper!) et... attendre gentiment que ça passe!


Admirez les deux bougeoirs bricolés et le natel diffusant de la musique grâce à un système acoustique perfectionné (bol)

vendredi 4 novembre 2011

Iando et moi avons la joie de vous annoncer nos fiançailles!

Après trois ans d'aller et retour entre la Suisse et Madagascar, nous sommes heureux de pouvoir maintenant passer plusieurs mois ensemble, sans penser sans cesse à un prochain départ de l'un de nous. Mais nos projets de vie ne s'arrêtent pas à mes sept mois de travail à Madagascar, c'est pourquoi nous avons décidé de nous engager l'un envers l'autre dans ce que nous espérons être, et c'est notre vœu le plus cher, l'aventure de toute une vie!

Nous sommes donc très heureux de vous annoncer notre prochain mariage qui aura lieu le 2 janvier 2012, à Antananarivo, Madagascar.

Nous sommes conscients de la difficulté pour vous de vous joindre à nous ce jour-là, mais nous aurons l'occasion de célébrer cela ensemble à notre retour en Suisse lors de la cérémonie à l'église et de la fête qui suivra!

Nous nous réjouissons d'avance de pouvoir partager ces moments avec vous et vous remercions de votre précieux soutien avant, pendant et après cette étape importante de notre vie!

mardi 1 novembre 2011

Le temps, ce n'est pas de l'argent. Ou comment voir le monde différemment!

1h30 dans un mini bus, à 5 par rangée (une rangée = deux banquettes d'une place et demie chacune et une planche que l'on installe entre les deux banquettes pour la 5e personne; et encore s'il y a des enfants, on monte à 6 ou 7 par rangée), trajet aller, 2h de cours donnés dans un lycée de la banlieue de Tana (Ambohidratrimo) et retour, même durée, même condition de transport... Mon quotidien le jeudi et le vendredi...
Les inconvénients: quand même tout ce temps "perdus"!
Les avantages: on apprend très vite à dormir sans appuie-tête en appréciant le "bercement" d'une route chaotique!

2h de route (toujours les mêmes conditions de transport), pour arriver à Bevalala, centre qui accueille des enfants en situation sociales difficiles ou présentant un retard mental. Arrivée à 9h. "Bon, il faudra que tu repartes au plus tard à 14h, parce que la saison des pluies commence et s'il pleut la route devient presque impraticable" (saison des pluies = pluie presque tous les jours aux alentours de 16h (plus ou moins 2h)).
Les inconvénients: quand même, tout ce chemin pour ça!
Les avantages: je serai à la maison avant la tombée de la nuit (vers 18h-19h en été!) et ça me laissera un peu de temps pour préparer mes prochaines leçons!

"oui, oui, on travaille lundi, on ne fait pas le pont, même si mardi 1er novembre est jour férié". Bon très bien, mais apparemment il y a eu un changement de programme parce que quand je suis arrivée lundi à 8h, comme d'habitude, il n'y avait personne! Il faut dire que par ici, le "président" peut annoncer le dimanche qu'il a décidé que lundi serait jour férié officiel! Seulement, il faut écouter la radio (et comprendre ce qui est dit!) pour le savoir!
Les inconvénients: ce matin-là, j'aurai bien dormi une heure de plus!
Les avantages: ce jour-là mon lieu de travail n'était qu'à 10minutes de chez moi, donc à 8h15, de retour à la maison, j'étais bien réveillée et efficace pour avancer dans mes préparations!

Vous l'aurez compris, "le temps c'est de l'argent" est une expression à éviter par ici... de toute manière les gens ne vous comprendront pas..!

jeudi 20 octobre 2011

De découvertes en découvertes

Cette semaine a été synonyme des changements pour moi! Avec l'arrivée de Pasteure Helivao (la personne responsable de mon travail ici), les choses commencent à s'organiser. Mardi passé, j'ai été visiter mon deuxième lieu de travail (Bevalala): un centre qui accueille de enfants et jeunes marginalisés à cause de leurs problèmes sociaux ou de leur handicap. Ils habitent tous ensemble avec trois éducatrice dans un centre un peu à l'extérieur de la ville (un peu à l'extérieur de la ville signifie ici à 1h de bus sur une route qui par moment ressemble plus à une piste boueuse...). Parmi les enfants, ceux qui le peuvent sont scolarisés dans une école (à 45 minute à pied du centre!) et les autres restent au centre où ils sont encadrés par les éducatrices pour quelques activités d'alphabétisation, de chants et de jeux ainsi que pour les tâches de la vie quotidienne. Tout cela se fait avec les moyens du bord, c'est-à-dire, presque rien... A titre d'exemple, j'ai du amener avec moi mon propre papier blanc pour que je puisse fabriquer quelques exercices pour les enfants car il n'y en a pas là-bas! Pour l'instant je n'ai passé qu'une matinée là-bas, de découvertes et de rencontres, mais la semaine prochaine, je vais commencer les évaluations de ces jeunes pour pouvoir ensuite proposer des activités aux éducatrices qui se sentent un peu démunies (et ça se comprend!).
Du côté du Foyer des jeunes filles, les choses avancent également. J'ai fini l'évaluation globale des 6 jeunes filles que l'on m'a signalé. La suite consiste à interroger les enseignantes au sujet de leurs besoins (aide en classe, travail individuel avec les jeunes filles...) pour aboutir à mon emploi du temps (en tenant compte du fait que je vais retourner en tout cas un jour par semaine à Bevalala et un à deux jours à Ambohidratrimo, mon troisième lieu de travail (que je vais visiter demain)). Chaque jour que je passe au Foyer des jeunes filles m'apporte son lot de surprises, de rencontres, de découvertes de ces jeunes filles qui une fois apprivoisées deviennent bavardes et même très curieuses (tu habites où, tu as quel âge, tu es déjà mariée (!), tu as des frères et soeurs, tu vas où à l'église...). Mais on partage des bons moments tout en essayant de se comprendre entre mon malgache débutant et leur français bien trop souvent appris par coeur! Pour vous donner une idée voici quelques photos de ces filles (remarquez l'uniforme, obligatoire dans toutes les écoles à Madascar!):

Les petits pupitres, à l'ancienne :)


Ce bon vieux tableau noir!

Deux élèves qui apprennent les points de bases de la couture

Finalement, la dernière découverte de la semaine, c'est mon premier cours de malgache donné par l'Alliance Française. J'ai rejoint un groupe d'une dizaine de personnes qui veulent, tout comme moi apprendre cette langue pour pouvoir vivre différemment ici! Ils en étaient déjà à leur 6e leçon, mais je n'ai pas eu trop de peine à suivre, parce qu'ils ont vraiment commencé au tout début. J'espère que cela m'aidera pour la suite!
Voilà voilà, je découvre, je découvre! Et d'ailleurs, ce n'est pas fini: prochaine découverte: demain, le Lycée d'Ambohidratrimo, où je devrai donner des cours de français oral!

lundi 10 octobre 2011

Nouveau boulot, nouveaux défis!

Après une semaine de travail, il est temps de vous donner quelques nouvelles! J'ai commencé mardi passé à travailler au "Foyer Chrétien des jeunes filles" qui se trouve à Tana et est tenu par le FJKM, l'église Jésus Christ à Madagascar (église protestante partenaire du DM-échange et mission). Il s'agit à la fois d'un foyer pour des jeunes filles qui veulent faire des études, mais n'ont pas de logement à Tana et d'un centre de formation pour des jeunes filles habitant Tana (et venant en général de familles défavorisées). Ce sont avec ces dernières que je vais travailler. Elles viennent tous les jours au Foyer pour recevoir des formations de couture, broderie ou autres artisanats. Parmi elles, une petite dizaine ont été repérées comme présentant un "retard mental" par les enseignantes. Mon rôle, selon mon cahier des charges: évaluer ces jeunes filles, les aider à suivre leur formation et proposer certaines pistes d'intervention aux enseignantes, de manière à ce qu'elles puissent mieux encadrer ces jeunes filles.

Voilà pour mon nouveau boulot, quant aux défis, en voici quelques-uns:

  • Vivre ma première expérience professionnel dans un endroit où il n'y a jamais eu d'enseignante spécialisée avant moi et où mes collègues n'ont pas de formation dans ce domaine (ce qui ne veut pas dire pas de compétences, mais juste très peu de points communs avec moi, n'interpréter pas mal ce que je dis!)
  • Passer mes premières semaines dans un nouveau lieu de travail en l'absence de la personne qui m'a engagée (et qui a établi mon cahier de charge!)
  • Arriver le 1er jour et s'entendre dire: "voici votre bureau (une table, deux chaises), vous pouvez commencer votre travail". Euh, oui, et je commence par quoi? (Là encore n'interprétez pas mal ce que je dis: il n'y a aucune méchanceté dans cette phrase, c'est juste que la personne qui m'a accueillie n'avait aucune idée de quel était la nature de mon travail!)
  • Evaluer de jeunes filles en malgache, alors que mon niveau dans cette langue doit être au maximum celui d'un enfant de 7 ans (et encore moins à l'oral!)
  • Discuter avec les enseignantes dans un "françalgache", sans jamais être sûre de s'être fait comprendre ou d'avoir bien compris l'autre
  • Inventer une évaluation sans aucune idée du niveau de ces jeunes filles (je les ai uniquement observées pendant leurs cours qui sont pour la plupart des cours pratiques: broderie, couture... -> savent-elles lire, écrire, compter, calculer???) et avec pour tout matériel du papier et des stylos: vive la créativité!!!
  • Réaliser que les enseignantes s'attendent à ce que je leur donne LA solution à tous les problèmes de ces jeunes filles
  • ...
Des défis qui m'ont quelque peu submergée pendant ma première semaine et face auxquels je me sens encore bien souvent démunie. Mais je sais qu'il faut aussi laisser faire le temps... le temps d'observer, le temps d'apprendre à communiquer, le temps de comprendre, bref, le temps de s'apprivoiser mutuellement!